Entraînements

Des très (très, très) nombreux exercices du style naturel (ziranmen), je n’en connais que très (trop, trop) peu. Mais il y en a une catégorie dont il est ‘interdit’ d’ignorer l’existence, pour quiconque se disant pratiquant (même aussi débutant que moi) du style naturel.

Il s’agit des anneaux d’acier.

L’ensemble des douze d’anneaux qui chantent dans les vidéos pèse 8Kg, soit 4 Kg ( à quelques dizaines de grammes près) par bras.

En plus du bruit et des inerties provoquées par les aller-retours des anneaux, il y a la posture, l’harmonie du corps, la respiration, la vitesse à gérer.

Pour en avoir pratiqué dans une jeunesse antérieure, la musculation ne ressemble pas du tout à cela.

Non, les anneaux en acier inoxydable ne permettent pas d’avoir de muscles d’acier. Même si, après quelques années de pratique, on a l’ombre d’un soupçon d’exercices répétés à la vue des reliefs très discrets bras. Les livreurs de pack d’eau ont des bras bien plus musclés que les miens. Et je ne suis pas sur de pouvoir faire ce qu’ils font.

Le maître insiste sur la présence d’un animal légendaire sur les bras: le dragon. Et il n’y a pas de trucage sur les vidéos. Je suis personnellement incapable d’affirmer la présence de cet animal sur moi, mais je peux sentir, après des années de pratique, l’importance de l’ancrage au sol, de la posture, de la souplesse du corps, de la fluidité de l’exécution( je prétend pas l’avoir acquise), de la stabilité de l’ensemble et de la respiration. J’en oublie surement. Lorsqu’on aura maîtrisé tout ça, il ne reste plus qu’à gérer la fatigue … Une fatigue diffuse dont on a du mal à localiser l’origine, mais présente.

Mais la sensation que la force, venue des ancrages au sol, s’expriment à travers les anneaux est indéniable. Un jour, quelqu’un m’a posé une question très intelligente:

Pourquoi les anneaux tombent-ils pas?

Il y a surement une explication scientifique faisant appel aux inerties, cônes de frottement, vitesse angulaire … mais après un long moment de réflexion, j’ai répondu: C’est ça, la force.

 

La force qui me propulse lorsque je monte les marches par 2 pour attraper un train, chargé d’un matériel lourd; la force qui me fait marcher sur les nuages, le vent dans le dos, lorsque les autres avancent d’un pas lourd et lassé; la force qui me fait comprendre que rien ou pas grand chose ne peut m’atteindre, face au petits tracas du quotidien.